Souvenirs des Féstivités du Grand Serre

Un Millénaire de Foi et de Communauté à Saint-Mamert

Notre paroisse a vibré au rythme d’un événement exceptionnel et fédérateur : le millénaire de notre chère église Saint-Mamert au Grand-Serre. Ce fut un week-end mémorable, marqué par la spiritualité, la convivialité et un profond sentiment de partage.

La journée du samedi midi fut l’occasion de partager un repas convivial, rehaussé par la présence chaleureuse du Père Renaud de Tarlé. Ces moments de partage autour d’une bonne table sont aussi des piliers de notre vie paroissiale.

L’après-midi a ensuite été riche en activités, réunissant toutes les générations. Une course relais interfamiliale a particulièrement animé les lieux, où la compétition saine se mêlait à la joie de participer. Chaque tour réalisé était récompensé par l’offrande d’une bougie, et ce ne sont pas moins de 100 bougies qui ont ainsi été distribuées, symboles lumineux de cet événement.

La paroisse a également eu le plaisir d’accueillir une scène ouverte d’instruments, animée par des enfants et des adultes talentueux de l’école de musique paroissiale. Leurs mélodies ont résonné, offrant un moment de grâce et de partage musical.

Enfin, l’après-midi a été marquée par une conférence passionnante sur l’église, donnée par le Père Philippe Maurin. Sa présentation a rassemblé un public nombreux et diversifié, mêlant laïcs et religieux, tous désireux d’en apprendre davantage sur l’histoire et le rôle de notre édifice.

Les célébrations ont fini en beauté avec les vêpres solennelles, officiées par Monseigneur François Durand, notre évêque. Sa présence a conféré à ce moment une dimension particulière, empreinte de recueillement et de ferveur. À l’issue de l’office, l’association de la restauration de l’église a généreusement offert un apéritif, permettant à chacun de prolonger ces instants d’échange et de camaraderie. Nous avons eu la joie de voir Monseigneur Durand poser pour une photo avec la jeune Emma, fière réalisatrice d’une superbe maquette de l’église, témoignage de la vitalité de notre jeunesse et de son attachement à notre patrimoine.

Joie de nous rassembler pour la messe du dimanche matin dans l’église Saint-Mamert remplie, une célébration émouvante, qui a su rassembler une grande partie de sa communauté, en ce lieu perché dans la Drôme des Collines. La ferveur était palpable ; les chants, unis par les chorales du village et la Schola de la paroisse, ont résonné avec une intensité particulière. Après la messe, un repas festif a réuni de nombreux paroissiens et autres. Le Père Renaud de Tarlé nous a fait l’honneur de se joindre à nous pour trinquer, un geste simple mais fort, renforçant les liens qui nous unissent. Et pour couronner ce festin, Lucas nous a offert une pièce montée spectaculaire, reproduisant fidèlement la forme de notre église. Une œuvre d’art gourmande qui restera gravée dans les mémoires !

Ce millénaire a été bien plus qu’une simple commémoration ; ce fut une véritable célébration de notre foi, de notre histoire et de notre unité. Il a rappelé l’importance de l’église Saint-Mamert comme cœur battant de notre communauté.

L’Église Saint-Mamert, un Témoin Millénaire de l’Histoire de Serre

L’église Saint-Mamert, avec sa haute tour carrée, est un édifice emblématique de la commune de Serre, ayant traversé les âges et les bouleversements historiques. Son histoire est intrinsèquement liée à celle du bourg, depuis ses origines monastiques jusqu’aux profondes transformations de la Révolution française.

Des Origines Monastiques aux Invasions (avant 1025)

À l’origine, Saint-Mamert était une chapelle fondée par des moines bénédictins sous l’autorité de l’abbaye de Saint-Pierre de Vienne, jouant un rôle central dans la vie spirituelle et économique locale. Avant l’an 1000, la région de Serre fut marquée par les invasions burgondes au Ve siècle, puis par l’intégration au royaume franc au IXe siècle, avec des tentatives d’indépendance sous Bozon. La peur de la fin du monde à l’approche de l’an 1000 amena Rodolphe III, dernier roi de Bourgogne, à léguer ses biens aux seigneurs locaux.

La Charte de 1025 et l’Ère des Seigneurs (1025-1402)

Une charte du 28 novembre 1025 atteste du don de l’église de Serre, dédiée à Saint-Pierre, à l’abbaye de Saint-Pierre de Vienne par Berillon et sa famille. Jusqu’en 1252, Serre fut un fief partagé entre les abbés de Saint-Pierre de Vienne et les seigneurs de Châteauneuf. Des tensions conduisirent à la vente du mandement de Serre à Aymard de Bressieux en 1252, marquant le début de la domination des seigneurs de Bressieux.

La Seigneurie de Serre sous les Bressieux (1252-1402) fut une période de conflits, comme en témoignent les dommages causés au clocher en 1276, réparés sur ordre du dauphin. En 1322, Serre devint une co-seigneurie entre Aymar de Bressieux (laïc) et Josserand de la Chapelle (religieux), régie par une charte définissant le partage des droits et devoirs. En 1402, la lignée des Bressieux s’éteignit, et Alix de Bressieux épousa Guillaume de Grolée, transférant ainsi la seigneurie aux Grolée.

Les Grolée et les Mévouillon : Transformations et Héritages (XVe-XVIe siècles)

L’arrivée des Grolée apporta une nouvelle dynamique. Antoine de Grolée s’illustra aux côtés de Jeanne d’Arc, et Jean de Grolée, gouverneur du Dauphiné, consolida son pouvoir par son mariage avec une descendante des Mévouillon. Antoine II de Grolée, dit « le lieutenant », débuta en 1499 la construction de la chapelle seigneuriale (dédiée à la Vierge Marie et achevée en 1595 par Catherine d’Oraison), qui devint un lieu de sépulture familial. Deux statues de Saint Saturnin et Saint Mamert, érigées par la femme d’Aymard François Ier, attestent de la foi profonde des seigneurs. En 1642, le mariage de Catherine de Grolée-Mévouillon avec Rostaïng de Suze marqua l’avènement d’une nouvelle lignée. En 1720, Louis François de Suze vendit Serre au comte de Valbelle.

La Fin de la Seigneurie et les Bouleversements Révolutionnaires (1767-1793)

En 1767, Serre fut définitivement vendue à François de Châtelard, seigneur du Châtelard, qui fut le dernier seigneur avant que ses biens ne soient restitués à la nation en 1793, à l’aube de la Révolution.

La Révolution française eut un impact majeur sur l’église. La Constitution civile du clergé en juillet 1790 plaça l’église sous le contrôle de l’État. L’église de Serre fut transformée en « temple de la Raison », la mairie s’installant au presbytère. Les symboles de l’Ancien Régime, comme les armoiries, furent effacés ou martelés. En 1791, la mairie acquit des propriétés de la cloîtrerie pour établir la maison communale.

L’Église Saint-Mamert Aujourd’hui

Aujourd’hui, l’église Saint-Mamert, bien que modifiée par les siècles et notamment restaurée au XIXe siècle avec la reconstruction de sa nef, conserve les traces de son riche passé. Des peintures médiévales et du XVIe siècle ont été retrouvées, témoignant de l’importance historique et artistique de cet édifice qui demeure un précieux vestige de l’histoire de Serre

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